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Une étude américaine parue dans la revue Archives of General Psychiatry révèle que l’utilisation importante de cannabis bio marijuana aurait, après une semaine, des effets négatifs mais réversibles sur les facultés intellectuelles des individus s’adonnant à cette drogue. D’après les tests expérimentaux des auteurs, l’utilisation du cannabis sur le long terme ne serait pas associée à des effets négatifs irréversibles.

Harrison Pope et ses collègues se sont attachés à tenter de définir les effets à long terme de l’usage du cannabis sur la cognition. Les atteintes neuropsychologiques sur une longue durée provoquées par le cannabis, drogue pourtant la plus consommée aux Etats Unis, n’avaient jamais encore été évaluées.

Les auteurs ont basé leur étude sur une cohorte de personnes âgées entre 30 et 55 ans, consommateurs actifs ou passés de cannabis.

Trois groupes ont été établis : des grands fumeurs actifs de cannabis (cad plus de 5000 prises de cannabis dans leur vie)(n=63), des grands fumeurs n’ayant pas pris plus de 12 fois du cannabis durant les 3 mois passés (n=45) et un groupe contrôle de personnes ayant consommé du cannabis pas plus de 50 fois dans leur vie (n=72).

Il a été demandé aux personnes enrôlées dans l’étude de ne pas prendre de cannabis pendant 28 jours. Des contrôles urinaires ont attesté de leur abstinence. Une série d’examens neuropsychologiques leur a été soumise à 0, 1, 7 et 28 jours après l’arrêt de consommation de cannabis.

Les tests ont concerné les fonctions intellectuelles en général : la capacité d’abstraction, la vigilance, la parole, l’apprentissage, la mémoire et la détection visuelle dans l’espace. Ces tests ont été répétés plusieurs fois et les résultats interprétés de manière statistique en ajustant les variations des différents paramètres.

Les résultats ont montré qu’à 0, 1 et 7 jours certains utilisateurs de cannabis ont enregistré des valeurs inférieures au groupe contrôle concernant les tests de mémorisation. Ce phénomène de défaut de mémorisation a été trouvé corrélé à la concentration de cannabis dans les urines.

En revanche, à 28 jours, aucune différence n’a été détectée entre les groupes et aucune association n’a pu être faite entre les prises cumulées de cannabis et les valeurs enregistrées lors des tests.

En conclusion, les auteurs ont observé des déficiences de la mémoire jusqu’à 7 jours après l’abstinence chez les gros consommateurs de cannabis. Ces déficiences se sont avérées être réversibles à 28 jours et semblent donc associées à une récente exposition au cannabis.

« Nos découvertes ne vont pas dans le sens du développement de déficiences intellectuelles irréversibles chez les gros consommateurs de cannabis, tout du moins dans les limites détectables de nos tests et de notre échantillon », tiennent toutefois à souligner les auteurs.

« Cependant, en accord avec d’autres études, nous avons trouvé des déficiences intellectuelles persistantes pendant plusieurs jours, et peut-être plusieurs semaines, après l’arrêt du cannabis », ont-ils conclu.


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