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Cannabis Bio thérapeutique : la mère d’une enfant épileptique en appelle à François Hollande

TÉMOIGNAGE – Pour améliorer le quotidien de sa fille atteinte d’une forme d’épilepsie sévère, Sandrine souhaite lui donner du cannabidiol, un médicament dérivé du cannabis interdit en France. Elle en appelle au Président de la République.
Lola est atteinte du syndrome de Dravet, une forme rare et sévère d’épilepsie. Et selon sa maman, Sandrine, seul le cannabidiol, une molécule dérivée du cannabis biologique, permettrait de soulager les souffrances de sa fille.

“Le Cannabidiol va accroitre les effets des médicaments qu’elle prend déjà. L’avantage serait de pouvoir diminuer son traitement qui est très lourd pour le moment en effets secondaires”, explique-t-elle au micro de RTL.

Cannabis bio thérapeutique

Cannabis bio thérapeutique

Sandrine a découvert ce traitement en faisant des recherches sur Internet : “chez des enfants qui sont déjà sous cannabidiol on remarque qu’il y a moins de crises, les enfants sont plus posés, n’ont plus de tremblements, des enfants qui ne marchaient plus remarchent”, avance-t-elle.

Son courrier transmis au ministère de la Santé

Mais ce médicament, autorisé dans plusieurs pays d’Europe et aux Etats-Unis, est interdit en France. Cette mère de famille d’Ornans, dans le Doubs, en appelle donc à la responsabilité des autorités de santé.

“Quand on sait qu’on a une médecine alternative sous la main et qu’on ne fait rien, j’appelle ça de la non-assistance à personne en danger”, affirme-t-elle, “voilà ce que j’ai marqué à François Hollande. J’ai eu une réponse, il transmet ce courrier au ministère de la Santé.”

Je pense qu’il faut se dépêcher.

Selon elle, le temps est compté : “il y a beaucoup de décès d’enfants qui ont le même syndrome, quand on sait qu’on a l’opportunité d’essayer une médecine alternative, je pense qu’il faut se dépêcher.”

Action du Cannabidiol (CBD) de la plante de cannabis contre le cancer (2014) (FR)

 

En France, certaines personnes testent déjà, sans autorisation, l’Epidiolex, composé à 98% de cannabidiol et destiné aux épileptiques, rapporte l’Est Républicain.



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Cannabis sans frontières est un collectif regroupant des individus, des groupes et des associations agissant contre la politique de répression liée à la prohibition des drogues. Fondé en 2009, à l’occasion des élections européennes, afin de faire entendre la voix des usagers de drogues (licites et illicites) dans le débat public et dans le champ politique à l’occasion des élections.

Cette association loi de 1901 est membre de l’ENCOD (en) — European Coalition for Just and Effective Drug Policies, coalition européenne fédérant plus de 150 organisations et individus. L’un des fondateurs, Farid Ghehiouèche, est un militant reconnu dans le mouvement francophone et au niveau international pour la régulation légale de l’usage de drogues, basée sur le respect des droits humains, la prévention des risques et la réduction des dommages causés par la consommation de substances classées au tableau des stupéfiants.

Des intoxications sévères de cannabis sont rarement rapportées et aucune mort

Des intoxications sévères de cannabis sont rarement rapportées et aucune mort

Ligne politique.

Le programme politique de Cannabis sans frontières définit trois objectifs principaux, engageant plusieurs sortes d’actions.

Paix, démocratie et droits humains vitaux : Luttes pour un monde sans frontières (no borders, no papers) / Justice partout – Police nulle part / Droit au logement / Droit à l’alimentation / Droit au revenu d’existence
Légalisation des plantes thérapeutiques et thérapies alternatives : Cannabis thérapeutique, iboga, pavot thérapeutique, Ayahuasca, LSD, coca thérapeutique, etc.
Soutien aux victimes de la répression pour usages réels ou supposés de drogues : Prohibition, répression, interpellations, condamnations, abolition de la peine de mort, prison-incarcération et politique d’enfermement, longues peines, amendes,…

Campagnes

Campagnes de communication
Organisation de la Marche mondiale pour le cannabis depuis 2009 en France4.
Relais des campagnes de soutien aux prisonniers des politiques de répression des stupéfiants de par le monde (Michaël Blanc, Dana Beal, Bernard Rappaz…)
Soutien aux Club sociaux cannabiques en France .
Campagnes électorales
Des listes ont été déposées à différentes élections, dont :
– En 2009 pour les Élections européennes, dans la circonscription Île-de-France. Le local de campagne était situé dans la librairie Lady Long Solo10 et la liste comptait notamment le soutien de Jean-Pierre Galland, ancien candidat des Verts à Paris en 199911,12. Résultat : 4 015 voix, soit 0,14 % des votes exprimés.
– En 2012 pour les Élections législatives dans la huitième circonscription de l’Essonne. Résultat : 187 voix, soit 0,42 % des votes exprimés.
– En 2011 et 2012, tentative de dépôt de la candidature de Farid Ghehiouèche pour l’élection présidentielle de 2012, d’abord aux primaires14 organisées par le Parti Socialiste puis aux élections proprement dites15. Ils n’obtinrent pas les 500 signatures requises. À l’occasion de cette campagne, à Evry, et alors qu’il lisait une adresse à MM. Hollande et Valls, le candidat Ghehiouèche fit l’objet d’une interpellation pour outrage16,17 dans la ville où Manuel Valls fut maire avant de devenir ministre de l’Intérieur. Il fut condamné à 400 euros d’amende avec sursis, et 50 euros de dommages et intérêts à l’attention de chacun des trois plaignants de la partie civile (les policiers insultés)18 ; jugement perçu par les militants de Cannabis sans frontières comme une censure politique19,20.
– En 2014 pour les Européennes 201421, une liste “”’Cannabis sans frontières – stop la prohibition”'” est présentée dans la circonscription Île-de-France – Français de l’étranger


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De nombreux consommateurs voient d’un bon œil la culture, chez eux, de plants parfaitement illégaux. Parallèlement, d’importants réseaux font pousser du cannabis bio marijuana à une tout autre échelle. Témoin, la multiplication de grosses saisies dans le Nord – Pas-de-Calais.

Sûrement n’ont-ils jamais imaginé avoir la main verte, mais pour répondre à leur addiction au cannabis, de plus en plus de consommateurs nordistes s’improvisent horticulteurs d’intérieur. À l’ère des forums sur Internet et des magasins spécialisés ouvrant dans tout le Nord – Pas-de-Calais, il n’a jamais été aussi facile de se mettre à la culture du placard, en faisant pousser, en toute illégalité, sa drogue chez soi.
Il y a quelques années, Stéphane  a reçu d’un ami un cadeau particulier : un plant de cannabis. Le trentenaire, résidant dans l’Arrageois et inséré dans la société, fume du cannabis depuis de longues années. Des prix excessifs à l’achat, le risque de se faire arrêter à chaque voyage aux Pays-Bas, Stéphane a sauté le pas : il s’est improvisé jardinier pour faire pousser son herbe. « À la base, c’est purement économique, explique-t-il. Après, le plaisir du jardinage est venu, en allant sur les forums spécialisés. » Dans sa serre, Stéphane possède actuellement trois plants. « J’en ai eu jusqu’à dix, mais j’en ai perdu en route. Mon objectif, c’est faire pousser sans que ce soit une corvée. Ce n’est surtout pas pour revendre. »

Système de culture de cannabis en intérieur

Système de culture de cannabis en intérieur

Le nombre de ces cannabiculteurs qui comme Stéphane passent de la simple détention à la production – passible de 20 ans de prison et de 7,5 millions d’euros d’amende – serait en constante augmentation. « On rencontre de plus en plus de gens qui cultivent pour eux-mêmes ou leurs amis, en dehors des gros trafics », constate Nathalie Lancial, sociologue à Lille pour l’association le Cèdre bleu. Même remarque à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) : « La production de cannabis à domicile poursuit son essor parmi les usagers dans la métropole lilloise notamment, une tendance qu’on constate depuis à peu près quatre ans. » Les professionnels de la jardinerie (lire ci-contre) renchérissent : « Même si la plus grosse demande vient de la métropole, nous avons des cannabiculteurs aussi bien sur la côte qu’à Arras ou Valenciennes. » Côté police et gendarmerie, on confirme une hausse des saisies chez les particuliers au niveau national : avec 130 000 plants saisis en 2012 contre 40 000 les années précédentes. Le Nord n’est pas épargné. Selon l’OFDT, un joint sur neuf fumés en France provient d’une culture domestique.
Moins cher
Les causes sont multiples : « Il y a une raison économique bien sûr : ça coûte moins cher de se fournir à domicile et cela peut sembler moins risqué que d’acheter dans la rue. Mais il y a aussi l’augmentation des prix, la volonté de ne plus se mêler à des milieux différents du sien, celle de contrôler la qualité de ce qu’on fume et la tendance du moment qui est de tout faire soi-même. » Pour la sociologue, les profils sont très divers : « Ça va du collégien au cadre père de famille. » Même réponse du côté des jardineries « indoor » : « Le durcissement de la législation en Hollande (lire ci-contre) a dû aussi jouer. » Pour la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), le boom de la culture maison du cannabis est aussi dû à Internet : « On y trouve de tout, graines et instruments, très facilement. »
Mais pour les cultivateurs en herbe, les risques sont réels et pas seulement avec les forces de l’ordre ! Mathieu (1), Lillois à la trentaine sportive, fume du cannabis depuis plus de dix ans, à raison « d’un à deux joints par jour, plus quand je suis en soirée ». L’an dernier, avec ses trois colocataires, il a découvert les agréments de la culture locale, au fond de son jardin. « Mais, plus la récolte approche, plus l’odeur est forte. Il faut faire gaffe aux voisins, aux gens qui viennent chez toi. » Le risque : « La convoitise de ceux qui ne veulent pas s’embêter à jardiner ! On a été cambriolé. Ensuite, les types ont tenté de s’introduire chez nous et on s’est battus. Impossible d’appeler la police puisqu’on était nous-mêmes dans l’illégalité… » Les colocataires ont alors décidé de se séparer. Mathieu vit désormais en appartement et est retourné voir son revendeur dans la rue, « avec un pic d’adrénaline à chaque fois ». Arrêter ? Il « y songe », mais attend et « mise d’abord sur la dépénalisation en France ».
De grands cultivateurs très discrets
Il faut souvent un incendie accidentel pour les révéler au grand jour, car les grands cultivateurs de cannabis en intérieur font preuve d’une extrême discrétion. « Le calcul est très simple : 700 plants de cannabis peuvent rapporter 400000 euros environ par an », explique Michel Gandilhon, chargé d’étude à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. De l’argent facile pour les trafiquants ? Un placement rentable plutôt : la production d’un plant à deux euros rapportera 320 euros après revente dans les rues. La culture en intérieur, dans des hangars ou friches industrielles, demande une haute technicité, mais permet 4 à 6 récoltes annuelles.
Mafias
Ces derniers mois, les découvertes de grosses plantations se sont multipliées dans la région : 650 plants à Wattrelos en juillet 2011, 350 plants découverts après un incendie à Thumeries en 2012, 1 000 plants à nouveau dans un sinistre à Lille, puis 10 000 plants à Lessines en Belgique après l’explosion d’un groupe électrogène fin décembre. « Les services répressifs du nord et de l’est de la France enregistrent de beaux succès dans le démantèlement de quelques cultures d’envergure », explique un expert de la division du renseignement et de la stratégie à l’office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants. « La plupart de ces plantations font moins de 1 000 pieds. C’est très chronophage et peut demander beaucoup de main-d’œuvre pour les plus grosses. »
« Le phénomène des cannabis factories (grandes plantations) a débuté dans les années 80 aux Pays-Bas avec la constitution de grandes mafias », détaille Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. « Elles ont essaimé et se sont étendues en Allemagne, Flandre et Belgique. » Avec leurs croisements génétiques pour une pousse plus rapide, les graines utilisées n’ont plus grand-chose de biologique. « La France reste un marché en gestation. La consommation d’herbe est en augmentation, mais la résine reste encore le produit stupéfiant le plus consommé », constate Michel Gandilhon. « À l’exception de quelques plantations de plusieurs centaines de pieds tenues par des gangs vietnamiens démantelés depuis trois ans, l’on ne voit pas de grandes mafias se développer autour de la culture d’herbe sur le territoire français. C’est encore le fait de planteurs expérimentés. » Jusqu’à quand ?
Les «jardineries d’intérieur» poussent dans la région
C’est un hangar de jardinerie classique, à Lille. Sauf qu’il y a vraiment beaucoup de lampes, de réflecteurs de lumière et que la marque hollandaise « Canna » se retrouve un peu partout. Même ambiguïté cultivée sur le site Internet d’une des deux chaînes de jardinerie « indoor » (pour planter en intérieur) présentes dans la région : avec une grande feuille façon cannabis, on nous promet une « livraison discrète ».
Des magasins faciles à trouver : il suffit de taper « Nord magasin cannabis » sur Google. Mais où l’on témoigne difficilement : à Lille, un patron va même jusqu’à nous menacer de poursuites judiciaires si on associe sa jardinerie à la culture cannabique. D’autres parlent plus volontiers… de manière anonyme : « On est sur une ligne très fine, reconnaît l’un d’entre eux. Au départ, je ne voulais pas être associé au cannabis, ne serait-ce que pour éviter les ennuis. On peut quand même être poursuivi pour incitation à planter. Et puis, j’ai vu que je perdais des clients. Si on n’est pas estampillé Canna ou si on n’a pas des produits Big Bud, en référence à une sorte de cannabis, on fait moins de chiffre, c’est très net. »
Pour ce gérant, sa clientèle de « cannabiculteurs » a augmenté depuis quatre, cinq ans : « Avec le durcissement de la loi en Hollande, les gens préfèrent cultiver chez eux mais on a toujours affaire à des petits consommateurs, jamais à des grossistes. De toute façon on ne peut pas fournir un même type de produits en grosse quantité et ces gens-là préfèrent la discrétion voire un contact direct avec des fournisseurs belges ou hollandais qui sont champions en la matière. »
Malgré l’absence de ces gros cultivateurs, les deux chaînes sont en plein essor. On compte ainsi trois ouvertures ces derniers mois dans la région et ces « growshop » comme on les appelle existent aussi bien à Arras qu’à Boulogne, Dunkerque ou Valenciennes. « Oui, ça marche bien, reprend le gérant anonyme, mais on ne se gave pas non plus. Et je rappelle quand même que la majeure partie de nos clients cultivent des tomates ou des orchidées ! »
S. F.-P.
Les grandes lignes
La consommation. L’herbe représente 40 % du cannabis consommé en France. Un gramme se monnaye entre 6 et 10 euros en moyenne.
La peine. La production de cannabis est passible de vingt ans de réclusion criminelle
ou d’une amende pouvant aller jusqu’à 7 500 000 euros.
La phrase. « Une société a besoin de normes, de règles, d’interdits. Et la consommation de cannabis n’est pas quelque chose d’anodin. » Manuel Valls.
Le reste du monde. Début décembre, l’Uruguay est devenu le premier pays légalisant la vente, la production et la consommation de haschisch encadrées par l’État.
Un médicament. La France a autorisé la mise sur le marché du Sativex, spray buccal à base de cannabis. Il sera prescrit en 2015 à 1000 patients atteints de sclérose en plaques.
Et aux Pays-Bas ? Aux Pays-Bas, la politique en matière de cannabis repose sur la séparation des marchés entre les drogues dures et les drogues douces et donc la réduction des risques. La vente du cannabis est autorisée depuis 1976 dans les coffee shops, à raison de 5grammes maximum. Fin 2012, le pays a voté une loi pour interdire la vente de cannabis aux étrangers ne séjournant pas aux Pays-Bas. Une carte cannabis (« wietpas ») a alors été mise en place, d’abord dans le sud du pays. Mais jamais parvenue jusqu’à Amsterdam et ses 200 coffee shops, elle a été progressivement abandonnée dans les villes frontalières craignant pour le tourisme.
Le cas français. Notre pays reste l’un des pays les plus répressifs en la matière puisque l’achat, la vente, la production, etc. sont totalement illégaux.
L’actu. Depuis le 1er janvier, l’État du Colorado aux États-Unis autorise la vente libre de marijuana pour adulte. Celle-ci est lourdement taxée à la vente et à la production.
Les saisies. La part de l’herbe dans les saisies réalisées par la police française est passée de 11 % en 2008 à 20 % en 2012.
Combien ? Une installation pour un consommateur régulier (plants, tentes, engrais, lampes) revient entre 100 et 200 euros. Auxquels il faut rajouter les frais d’électricité.
La toxicité. Les effets du cannabis perturbent le fonctionnement physique et psychique de l’usager en ayant un effet sur le cerveau.


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ZOOM – Les politiques changent sur le continent américain face au cannabis bio marijuana.

Alors que l’Uruguay est devenu le premier pays au monde à légaliser totalement la marijuana, les Etats-Unis viennent d’ouvrir leurs premiers “coffee shops” au Colorado. Metronews fait le point sur la situation dans le monde.
Le cannabis n’est aujourd’hui plus considéré comme une drogue interdite. Le débat progresse, un peu partout dans le monde. En quelques semaines, des lignes ont été franchies : la fin de la prohibition a été approuvée dans les Etats du Colorado et de Washington aux Etats-Unis. L’Uruguay est devenu, le 10 décembre dernier, le premier pays au monde à en contrôler toute la chaîne, de la production à la consommation. Au nom de la santé publique, ou pour enrayer le trafic et la violence, mais aussi parce que le cannabis est un marché juteux pour les autorités, les politiques évoluent en la matière. Metronews fait le point sur la situation dans le monde.

La légalité :

La dépénalisation totale et la légalisation du cannabis sont encore rares. Hormis l’Uruguay, le Colorado et bientôt l’Etat de Washington, aux Etats-Unis, font figure d’exception. D’autres pays d’Amérique du sud ont également légalisé, mais pour de petites quantités : c’est cas de l’Argentine et du Pérou.

Autorisation dans un cadre thérapeutique :

De nombreux pays et états autorisent l’utilisation thérapeutique du cannabis, sous forme de médicaments : Allemagne, Belgique, Suisse, Israël et plusieurs états des Etats-Unis ou du Canada.

La dépénalisation :

Contrairement aux idées reçues, le cannabis est illégal aux Pays-Bas ! On y autorise toutefois à acheter des petites quantités de cannabis dans des “coffee shops” et la police tolère que les citoyens aient une petite quantité sur eux (inférieure à 5 grammes).

Un des pays les plus libéraux d’Europe est le Portugal : depuis 2000, l’acquisition, la détention et la consommation de produits stupéfiants ont été dépénalisés et les contrevenants n’encourent plus que des sanctions administratives. A l’inverse, la France est un des pays d’Europe les plus répressifs sur le cannabis : jusqu’à un an d’emprisonnement et 3.750 euros d’amende sont ainsi requis pour l’usage illicite de marijuana.

L’Espagne ne reconnaît pas comme un délit la possession ou la consommation de cannabis, sauf dans les lieux publics. En République tchèque, la détention de petites quantités de drogues a été dépénalisée depuis 2010. Dans d’autres pays d’Europe, la détention est décriminalisée mais reste pénalisée, et les sanctions sont plus clémentes pour les simples usagers.

Ils y réfléchissent :

Le Danemark a annoncé ses projets de légalisation totale et de régulation, et l’Australie discute à nouveau de la possibilité de légalisation du cannabis, après avoir dépénalisé la possession de petites quantités.

Les pays les plus sévères :

Les Émirats Arabes, la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, le Koweït, l’Algérie, le Laos, le Vietnam, les Philippines, l’Indonésie, la Thaïlande et la Syrie prévoient la peine de mort en cas de trafic de drogue. La possession, même parfois de quantités infimes de drogues douces ou dures, peut être passible de lourdes peines carcérales (jusqu’à vingt ans de prison).


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Un nouvel Amsterdam cannabis bio marijuana.

L’essor des clubs de cannabis, dans lesquels la consommation est tolérée par les autorités, a transformé Barcelone en capitale européenne du tourisme de la marijuana.
«Les clubs de cannabis, c’est un peu n’importe quoi. » Ce n’est pas la police qui le dit, mais Jaume Xaus, le porte-parole de la Fédération des associations de consommateurs de cannabis de Catalogne. Depuis deux ans, la prolifération de ces clubs privés (qui ont un statut d’association et dans lesquels on peut consommer légalement de la marijuana) a fait de Barcelone une destination de choix pour tout fumeur. En 2011, on en comptait une quarantaine dans la ville. Aujourd’hui, il y en aurait plus de 200.

Les touristes de la fumette préfèrent désormais se rendre à Barcelone qu’à Amsterdam. Et pour cause : on y trouve un meilleur climat et de meilleurs prix pour une qualité égale. Webehigh.com, portail de référence pour les voyageurs qui souhaitent savoir où la consommation de cannabis est légale, attribue 5 points, le maximum, à Barcelone – 1 point signifie que la consommation de cannabis est illégale et très mal vue, 5 qu’elle est virtuellement légale.

Des agences de tourisme cannabique

Pour entrer dans ces clubs, un parrainage est nécessaire. Ce critère d’accès a fait fleurir un commerce parallèle à Barcelone, en particulier à Ciutat Vella (la vieille ville), où ils sont à présent nombreux à gagner leur vie en facilitant l’accès des clubs aux touristes. Des entreprises comme Greenland (“ton guide personnel dans le monde des associations de marijuana à Barcelone”) ou Botwin (“la première entreprise touristique d’Europe spécialisée dans le cannabis”) viennent s’ajouter aux centaines de particuliers qui, via des forums et des sites web, se proposent de faire entrer les touristes dans ces clubs.

Des associations de fumeurs distribuent directement des flyers sur la Rambla (avenue centrale de Barcelone), proposant un “pass d’une journée” aux touristes, ou choisissent de payer une commission aux commerçants autour de leur local pour chaque personne qu’ils dirigent vers leur club.

Juan (prénom fictif) répond au téléphone en anglais. Après avoir constaté que la personne au bout du fil n’est pas étrangère, il poursuit la conversation en espagnol. Il a lancé son agence de tourisme cannabique il y a deux mois et les affaires marchent plutôt bien. Rien qu’en consacrant pour l’instant l’essentiel de ses efforts à passer des accords avec les clubs, à prendre des contacts et à créer son site Internet, il a déjà gagné environ 1 000 euros. « Les clubs me paient entre 10 et 15 euros par nouveau client », explique-t-il, assis au bar de la faculté de géographie de l’université de Barcelone. « Je ne facture rien au touriste. » Il poursuit : « Je ne pense pas qu’il puisse m’arriver quelque chose (d’un point de vue légal). Je ne fais que garantir au client qu’il va pouvoir adhérer à une association. »

Le développement du commerce autour de la marijuana a éveillé l’intérêt de cultivateurs étrangers, qui ont fait de Barcelone leur base d’opérations. Dans le secteur, certains assurent que des clubs de cannabis barcelonais sont en réalité gérés par les grandes chaînes de coffee-shop et les banques de graines néerlandaises.

Ces mêmes sources affirment que les autorités catalanes sont bien conscientes du problème lié au tourisme cannabique. La municipalité de Barcelone a déjà annoncé que ces clubs allaient faire l’objet d’une réglementation spécifique, portant notamment sur la limite d’âge, leur distance par rapport aux collèges et l’évacuation de la fumée. Au-delà de ces mesures, le département de santé catalan prépare lui aussi une « proposition de réglementation des bonnes pratiques », qui sera présentée devant le Parlement de Catalogne entre février et mars 2 014, selon des sources au fait des négociations.

La proposition, encore débattue, comprend un nombre maximum de membres pour chaque association (entre 400 et 600), un âge minimal d’accès (18 ou 21 ans), ainsi que diverses exigences de transparence pour maintenir ces clubs éloignés de la sphère commerciale.

Jaume Xaus, le porte-parole de la Fédération des consommateurs de cannabis de Catalogne, reconnaît que certains clubs de fumeurs ont outrepassé leurs droits et ont “piétiné le modèle” d’association à but non lucratif. Il admet toutefois que la prolifération des clubs de cannabis a incité les autorités à réglementer le secteur, ce que la fédération elle-même réclame depuis maintenant plus de dix ans.