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L’Uruguay sera l’an prochain le premier pays au monde à vendre du cannabis bio marijuana à ses citoyens.

La loi veut mettre sous contrôle de l’Etat la production et la distribution de cannabis. Les citoyens qui veulent acheter du cannabis devront pour cela se faire enregistrer. Le pays veut endiguer la violence liée aux drogues, ôter les bénéfices des trafics des mains des narcotrafiquants et protéger les consommateurs de cannabis d’un passage éventuel aux drogues dures.

L’Uruguay va vendre le cannabis à 1 dollar le gramme (0,75 euro) et pas à 2,5 dollars comme annoncé précédemment, a déclaré Julio Cazada, responsable du programme cannabis des autorités uruguayennes (en comparaison, en Europe et aux USA, les prix dépassent facilement les 10 euros le gramme).

Ce dernier point pourrait bien être une bonne nouvelle pour … le Paraguay.

Ce pays est-après le Mexique – le plus grand producteur de marijuana au monde. Un kilo de cannabis coûte à peine 45 euros au Paraguay contre 225 euros en Uruguay. Il s’agit donc de 0,045 euro et 0,22 euro le gramme. Les producteurs paraguayens peuvent donc ainsi réaliser un gain supérieur de 500 % par rapport à ce qu’ils gagneraient ‘avec d’autres cultures. Ce n’est pas négligeable dans un pays où le PIB atteint par personne à peine 6.000 dollars contre 16.000 en Uruguay, pays plus riche.

Si l’Uruguay se met à vendre de la marihuana de manière légale à 1 dollar le gramme, la consommation va augmenter très vite, ce qui donne aux producteurs paraguayens des possibilités de pénétrer dans ce marché avec de la marchandise bien moins chère, voilà les craintes qu’exprime Luis Rojas, chef de la cellule antidrogues paraguayenne dans le journal local ABC.

Le Paraguay s’est toujours opposé à la légalisation du cannabis en Uruguay. En août déjà, Rojas prévenait que la légalisation aurait peu d’effet sur l’importation de drogues dans le pays. « Il n’y a aucune raison que les producteurs paraguayens arrêtent d’exporter leur production en Uruguay ».

Il est clair que cela pourrait avoir un effet contraire aux raisons qui incitent Montevideo à légaliser le cannabis. Le but était – dans un pays où un méfait sur quatre est lié à la drogue ou à l’alcoolisme – de lutter contre la montée de violence due à la drogue et d’ôter les bénéfices des trafics des mains des dealers.

« Nous sommes persuadés que l’interdiction de certaines drogues cause plus de problèmes que les drogues elles-mêmes et a des conséquences destructrices », a dit en juillet de l’an passé Eleuterio Fernandez Huibrodo, ministre de le Défense.

Mais les barons paraguayens de la drogue menacent de submerger l’Uruguay sous un flot de cannabis illégal et bon marché, un trafic qui est loin d’être basé sur la volonté d’aider les hommes. Une augmentation de violences liées à la drogue pourrait devenir la norme, à l’opposé du caractère exceptionnel du projet que désirait le gouvernement.


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