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En dépit de la fameuse fringale qui suit la prise de cannabis bio marijuana, les fumeurs de joints ont moins de chance de souffrir d’obésité selon une étude publiée par Live Science.

Bien que la loi française interdise de présenter les drogues, y compris le cannabis, sous un jour favorable, la fameuse plante pourrait bien ajouter une nouvelle ligne inattendue à la liste de ses vertus médicinales.

En effet, le cannabis est notamment connu pour donner faim, si bien qu’il est prescrit aux malades du Sida qui ont perdu l’appétit pour les aider à reprendre du poids dans certains pays. L’équipe de chercheurs qui a voulu étudier les liens entre cannabis et obésité s’attendaient donc à prouver que le premier favorise la seconde. Or, les résultats qu’ils ont trouvés affirment tout le contraire.

Yann Le Strat, psychiatre à l’Hôpital Louis Mourier, et ses collègues ont examiné deux études réalisées aux Etats-Unis, portant sur un total de 50 000 personnes. 4 et 7% des deux échantillons avaient consommé au moins une fois du cannabis au cours de l’année écoulé. Entre 16 et 17% d’entre eux souffraient d’obésité, contre 22 à 25% des personnes n’ayant pas consommé de cannabis.

Pire, en analysant les données des consommateurs réguliers de cannabis, ils ont réalisé que ceux qui en fumaient moins trois fois par semaine n’étaient que 14% à être obèses. Le cannabis réduirait donc les risques d’obésité, mais reste à savoir pourquoi. “D’un point de vue personnel, je serai surpris que le cannabis soit associé à un plus haut taux d’activité physique, mais on ne peut pas l’écarter”, note Le Strat, cité par Live Science. Il est donc plus probable qu’il s’agisse d’un composant du cannabis, que les scientifiques pourraient isoler pour l’administrer sous forme de médicaments. Car il n’est évidemment pas question de recommander aux gens de se mettre à fumer des joints pour perdre du poids.

Surtout pour Yann Le Strat qui est un spécialiste des addictions et rappelle les dangers liés à sa consommation, en terme de santé physique et psychologique. Mais, encore faut-il qu’on puisse apporter du crédit aux résultats de cette étude un peu bancale. Tout d’abord, dans les échantillons utilisés, les personnes donnaient elles-mêmes leur IMC (indice de masse corporelle), ce qui rend douteuse la fiabilité des informations.

Ensuite, l’étude ne fait nullement mention d’autres facteurs, comme la tabagie. Or, on peut aisément imaginer que la plupart des Américains consommateurs de marijuana fument également des cigarettes, contrairement à la majorité du reste de l’échantillon (seuls 20% des Américains fument quotidiennement).

Sachant qu’à comportement égal, un fumeur peut peser jusqu’à 4 kilos de moins qu’un non-fumeur (fumer fait brûler des calories, la nicotine augmente l’effet de satiété et favorise le déstockage des graisses, etc.), il y a un risque que les résultats soient faussés. D’autres études plus poussées seront donc sans doute nécessaires avant qu’on puisse claironner que le cannabis seul fait maigrir et qu’il détient la clé d’un futur médicament anti-obésité.


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