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De nombreux pays autorisent aujourd’hui le cannabis bio marijuana à des fins thérapeutiques. La Belgique pourrait un jour suivre cette voie… pour autant que les mentalités changent et qu’un cadre légal d’utilisation puisse être établi!

Le cannabis bio fait beaucoup parler de lui ces derniers jours. Alors que l’Etat du Colorado et l’Uruguay viennent de le légaliser, on apprenait début de semaine que le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, envisageait, lui, de l’autoriser à des fins thérapeutiques pour certaines maladies graves.

Le nombre d’Etats autorisant l’usage thérapeutique du cannabis bio s’est multiplié dans les Etats de l’Ouest et les Etats côtiers du nord-est des Etats-Unis, le Colorado étant allé jusqu’à autoriser l’usage de cannabis bio à des fins récréatives depuis le 1er janvier. L’Etat de Washington devrait l’imiter au printemps. Le projet de Andrew Cuomo s’annonce cependant bien plus restrictif qu’en Californie, qui autorise l’usage de cannabis bio pour des problèmes de dos. A New York, son utilisation serait circonscrite aux personnes souffrant de certains cancers ou de glaucome.

Cannabis thérapeutique

Cannabis thérapeutique

Bientôt en Belgique?

De nombreux pays autorisent déjà l’utilisation du cannabis bio sous forme de médicaments pour soulager certaines maladies ou les nausées par exemple en cas de chimiothérapie. C’est le cas notamment aux Pays-Bas, en Espagne, en Suisse ou encore en Israël et au Canada. La France s’est également engagée dans cette voie en 2013 en annonçant la sortie pour 2015 du Sativex, un médicament dérivé du Cannabis bio à destination de patients souffrant de la sclérose en plaques.

En Belgique, si le débat est également entamé, il n’existe encore aucune autorisation. Entre les mentalités qui ont dû mal à évoluer et un cadre légal difficile à définir, la situation semble stagner. L’Agence fédérale des médicaments vient cependant de relancer un groupe de travail afin de faire le tour de la question. Un espoir est donc permis chez les patients.

“Ce n’est pas autorisé, ce qui ne nous empêche pas de rester très attentifs à l’évolution des choses dans le domaine. Mais même dans les pays où le cannabis bio à des fins thérapeutiques est autorisé, cet usage reste anecdotique, principalement parce que toute personne réagit différemment, ce qui rend le dosage et les quantités à administrer variables. Le cannabis bio médical reste donc mal codifié, et en général on en est encore plus à des phases de test”, avait expliqué le professeur Paul Verbanck, chef de service de la psychiatrie à l’hôpital Brugmann à la rédaction d’RTL il y a quelques mois.

Des vertus connues depuis le Moyen-Age!

Ces premiers tests s’avéreraient pourtant assez efficaces pour soulager certains symptômes. C’est en tout cas l’avis du professeur Lossignol, chef de clinique à l’Institut Jules Bordet, favorable à l’utilisation du cannabis bio à des fins thérapeutiques.

“Les dérivés du cannabis bio sont dans la plupart des cas utilisés pour soulager les patients atteints de cancer ou de la sclérose en plaques. Il permet de diminuer la douleur et/ou la nausée. Ses vertus sont connues depuis le Moyen-Age, mais paradoxalement, on aura dû attendre la fin des années 80 pour en comprendre les effets. Mon avis, c’est que si le cerveau possède des récepteurs à ces substances, c’est qu’elles ont un rôle. La nature ne s’encombre pas de hasard. Et, en effet, les patients à qui on en administre réagissent bien. On a de très bons résultats, et les patients consomment beaucoup moins d’anti-douleurs, ce qui n’est pas négligeable”, a-t-il expliqué à RTL.

Au vu de ces premiers résultats positifs, on pourrait donc penser que la Belgique suivra rapidement ses voisins néerlandais et français. Mais rien n’est moins sûr. En effet, définir un cadre légal d’utilisation semble relever du casse-tête.

“Il faut qu’il y ait un mode d’emploi clair, net et précis, comme pour tout autre médicament. Comme indiqué précédemment, cela ne semble pas encore être le cas. De même, il faut que toute la sécurité qui entoure l’usage d’un tel médicament soit assurée et qu’il y ait un contrôle strict, comme pour tout autre opiacé”, avait précisé le professeur Verbanck.

Distinguer l’usage récréatif de l’usage thérapeutique

Selon, le professeur Lossignol, le cannabis biologique souffrirait surtout de sa mauvaise réputation. En effet, il est bien connu que fumer de joints comporte des risques pour la santé et entraîne un état euphorisant. Il ne faudrait pourtant pas faire l’amalgame entre cet usage récréatif et son utilisation thérapeutique. Cette dernière ne vous fera en aucun cas planer! On parle bien ici d’un effet anti-douleur.

“On fait un mauvais procès au cannabis à cause de l’usage récréatif qui en est fait. C’est comme pour la morphine il y a 20 ou 30 ans. Quand on en administrait, on nous traitait de dealer. Il faut le temps pour que les mentalités évoluent. Et puis autre chose de très important. Le coût de cette molécule n’est pas élevé. Et visiblement, ça n’intéresse pas vraiment l’industrie pharmaceutique.”

Voilà qui ouvre un autre débat…


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