Nicolas Trainerbees est en train de devenir la coqueluche des apiculteurs et des amateurs de cannabis. La raison ? Il a appris à ses abeilles à faire du miel bio à partir de plants de cannabis.

Nicolas a 39 ans et vit en France. Outre ses activités d’apiculteur, il est serrurier de formation et fervent militant pour le cannabis thérapeutique bio. Il en consomme d’ailleurs depuis qu’il est très jeune pour traiter son hyperactivité. Sa passion pour l’éducation des animaux l’a amené à apprendre toutes sortes de choses à des lézards, des tarentules, et pour ce qui nous intéresse, des abeilles.

J’ai appris plusieurs choses à mes abeilles, par exemple collecter le sucre des fruits plutôt qu’utiliser les fleurs. Et j’ai voulu leur apprendre à obtenir cette résine.
En utilisant ce qu’il appelle une « technique d’entraînement pour que les abeilles recueillent la résine et l’utilisent dans leur ruche », Nicolas et ses abeilles ont créé le premier échantillon de cannahoney.

les abeilles récupèrent le pollen des plants de cannabis bio

les abeilles récupèrent le pollen des plants de cannabis bio

La production de cannahoney est vraiment récente et peu de gens, à notre connaissance, maîtrisent ce savoir-faire. Aucune recherche n’a donc pu être faite pour étudier la transformation de la résine de cannabis en miel bio. Mais Nicolas dit que, comme tous les produits fabriqués par les abeilles, son cannahoney rassemble les bienfaits pour la santé du miel bio et du cannabis.

Et à la question de savoir si les abeilles sont stone après la récolte, la réponse est non. A la différence des mammifères, les abeilles n’ont pas de système endocannabinoïde. Le THC et tous les autres cannabinoïdes n’ont donc aucun effet sur elles.
Ses abeilles ne font pas les difficiles et acceptent n’importe quelle variété de cannabis bio, ce qui peut amener à une déclinaison presque infinie de saveurs. Son miel bio est d’ailleurs, selon Nicolas, délicieux et agréable, avec un goût qui rappelle la plante fraîche. Son odeur est « très florale », avec une couleur qui varie du blanc au jaune. Et pour ceux qui se posent la question, oui, le miel bio est psychoactif.
Nicolas prend beaucoup de risques pour assouvir sa passion. Ses plantes poussent en pleine nature mais doivent être transportées près des ruches pour que les abeilles récoltent leur pollen. Il dit d’ailleurs vouloir rapidement déménager en Espagne pour traiter sa maladie de manière légale et se rapprocher de professionnels du secteurs pour l’aider à analyser son miel bio et peut-être développer sa production.

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Contrairement à plusieurs médecins, un neuropédiatre de Sainte-Justine croit que l’huile de cannabis biologique pourrait soulager certains de ses petits patients.

«Oui, il y a de l’efficacité, si on regarde les études [faites ailleurs]. Par contre, comme tous les médicaments, un seul ne fonctionne pas pour tous les patients atteints d’épilepsie, explique le Dr Lionel Carmant, neuropédiatre spécialisé en épilepsie au CHU Sainte-Justine. Mais je pense que c’est un traitement qui devrait dans certains cas être utilisé.»

L’étude de la compagnie britannique GWPharma dont fait mention le médecin a en effet révélé de très bons résultats.
«Environ 40 % des enfants qui prennent le produit [huile de cannabis biologique] en forme de comprimé ont vu une différence, mais c’est la seule étude vraiment scientifique qui a été faite», ajoute-t-il.
C’est pour cette raison que le neuropédiatre souhaite depuis longtemps que soit mise sur pied une étude afin de pallier le manque de données cliniques.
Le Dr Carmant affirme qu’une vingtaine de ses petits patients pourraient faire partie de l’étude.

L'huile de cannabis bio

L’huile de cannabis bio

Dosage approprié

Toutefois, il n’y a pas que le manque de recherche qui pose problème. Il faut aussi qu’une compagnie puisse produire une huile où le dosage est équilibré pour tous les échantillons.
«Ce que j’essaie de faire, c’est d’avoir un laboratoire qui pourrait déterminer les mesures sanguines [du patient] pour voir si en changeant des échantillons [d’huile] on est capable de garder le niveau stable dans le sang du patient», explique-t-il.
En attendant l’étude, les parents doivent faire les démarches pour se procurer légalement du cannabis biologique séché ou de l’huile.
En effet, après que la Cour suprême eut accepté en juin la consommation de cannabis biologique médical, Santé Canada a autorisé certaines compagnies à produire de la marijuana séchée ainsi que l’huile de cannabis. Et depuis quelques semaines, pas moins de sept entreprises canadiennes sont autorisées à vendre l’huile.

Pas des joints

Il faut savoir que l’huile de cannabis biologique ne ressemble en rien à la marijuana «populaire ou connue», précise Adam Greenblatt, directeur général de la clinique semi-privée Santé Cannabis.
«Non, les enfants ne fument pas des joints ici. Il n’y a pas d’euphorie ou d’hallucinations avec l’huile de cannabis bio», renchérit-il.
C’est plutôt une huile végétale qui «est infusée avec un type de marijuana très spécifique à haute teneur en cannabidiol (CBD). Le CBD est un anti-inflammatoire et c’est antiépileptique pour des enfants», explique M. Greenblatt.
Dans l’huile de cannabis, le THC qu’on retrouve dans la marijuana «connue» est presque inexistant. C’est pourquoi des médecins comme le Dr Carmant ne s’y opposent pas.
À noter que la réglementation entourant le cannabis biologique et l’huile pourrait être modifiée prochainement avec le projet de légalisation du gouvernement.


Cannabis Bio thérapeutique : la mère d’une enfant épileptique en appelle à François Hollande

TÉMOIGNAGE – Pour améliorer le quotidien de sa fille atteinte d’une forme d’épilepsie sévère, Sandrine souhaite lui donner du cannabidiol, un médicament dérivé du cannabis interdit en France. Elle en appelle au Président de la République.
Lola est atteinte du syndrome de Dravet, une forme rare et sévère d’épilepsie. Et selon sa maman, Sandrine, seul le cannabidiol, une molécule dérivée du cannabis biologique, permettrait de soulager les souffrances de sa fille.

« Le Cannabidiol va accroitre les effets des médicaments qu’elle prend déjà. L’avantage serait de pouvoir diminuer son traitement qui est très lourd pour le moment en effets secondaires », explique-t-elle au micro de RTL.

Cannabis bio thérapeutique

Cannabis bio thérapeutique

Sandrine a découvert ce traitement en faisant des recherches sur Internet : « chez des enfants qui sont déjà sous cannabidiol on remarque qu’il y a moins de crises, les enfants sont plus posés, n’ont plus de tremblements, des enfants qui ne marchaient plus remarchent », avance-t-elle.

Son courrier transmis au ministère de la Santé

Mais ce médicament, autorisé dans plusieurs pays d’Europe et aux Etats-Unis, est interdit en France. Cette mère de famille d’Ornans, dans le Doubs, en appelle donc à la responsabilité des autorités de santé.

« Quand on sait qu’on a une médecine alternative sous la main et qu’on ne fait rien, j’appelle ça de la non-assistance à personne en danger », affirme-t-elle, « voilà ce que j’ai marqué à François Hollande. J’ai eu une réponse, il transmet ce courrier au ministère de la Santé. »

Je pense qu’il faut se dépêcher.

Selon elle, le temps est compté : « il y a beaucoup de décès d’enfants qui ont le même syndrome, quand on sait qu’on a l’opportunité d’essayer une médecine alternative, je pense qu’il faut se dépêcher. »

Action du Cannabidiol (CBD) de la plante de cannabis contre le cancer (2014) (FR)

 

En France, certaines personnes testent déjà, sans autorisation, l’Epidiolex, composé à 98% de cannabidiol et destiné aux épileptiques, rapporte l’Est Républicain.



Un journaliste du magazine Vice a enquêté sur une question insolite mais qui revient souvent dans les forums de discussion : Pourquoi les aisselles dégagent parfois une odeur de cannabis ? …

Un journaliste du magazine Vice a enquêté sur une question insolite mais qui revient souvent dans les forums de discussion : Pourquoi les aisselles dégagent parfois une odeur de cannabis ?

« Pourquoi mes dessous de bras sentent-ils le cannabis ? » Cette question qui peut prêter à rire est récurrente dans les forums de discussion. Nathan Thompson, journaliste chez Vice, a lui-même expérimenté ce phénomène et a décidé de mener l’enquête auprès de scientifiques. « Ma copine respirait mon torse et a dit : “eh, tu sens la skunk”. J’ai reniflé mes aisselles – elle avait raison », se remémore-t-il.

odeur-de-cannabis-aisselles

Matan Shelomi, chercheur en écologie chimique à l’Institut Max Planck, a accepté de partager ses connaissances sur le sujet, et a comparé différentes études sur les composés chimiques du cannabis et de la transpiration humaine. En tout, 233 composés chimiques composent la marijuana, et 100 composent la transpiration. En les comparant, le chercheur a découvert que marijuana et transpiration partagent 11 composés chimiques.

Un journaliste du magazine Vice a enquêté sur une question insolite mais qui revient souvent dans les forums de discussion : Pourquoi les aisselles dégagent parfois une odeur de cannabis ?

« Pourquoi mes dessous de bras sentent-ils le cannabis ? » Cette question qui peut prêter à rire est récurrente dans les forums de discussion. Nathan Thompson, journaliste chez Vice, a lui-même expérimenté ce phénomène et a décidé de mener l’enquête auprès de scientifiques. « Ma copine respirait mon torse et a dit : “eh, tu sens la skunk”. J’ai reniflé mes aisselles – elle avait raison », se remémore-t-il.

Matan Shelomi, chercheur en écologie chimique à l’Institut Max Planck, a accepté de partager ses connaissances sur le sujet, et a comparé différentes études sur les composés chimiques du cannabis et de la transpiration humaine. En tout, 233 composés chimiques composent la marijuana, et 100 composent la transpiration. En les comparant, le chercheur a découvert que marijuana et transpiration partagent 11 composés chimiques.

« Il semble que certains des composés les plus fortement associés à l’arôme distinct de la marijuana se trouvent aussi dans les chaussettes de gym », a ironisé Matan Shelomi au magazine. Pour lui, la transpiration dont l’odeur se rapproche le plus de celle du cannabis est la sueur venant des glandes apocrines, celle qui se trouve au niveau des aisselles et dans la région des parties génitales.

Un autre chercheur, Justin Fischedick de la Washington State University, a mis en avant un autre élément. Pour lui, la cause est à trouver dans les terpénoïdes, des composés organiques de plantes qui sont aussi présents dans la transpiration.


Ce suppositoire vaginal au cannabis apaise les douleurs menstruelles. Une entreprise californienne a inventé un suppositoire vaginal à base de cannabis. Il a pour but de soulager les femmes sujettes aux douleurs menstruelles.

Si vous avez des ovaires, vous devez savoir qu’une bonne dose d’ibuprofène ne suffit pas toujours à atténuer les douleurs menstruelles. La solution à ces maux de ventres gênants pourrait prendre la forme d’une capsule de cannabis capable de rendre vos ovaires stones.

Ce comprimé vaginal, fait à base de cacao et d’huile de cannabis, est vendu en Californie. Remplie de THC (le composant psychoactif du cannabis) et de CBD (son composant qui permet de guérir), cette capsule, qui a la même forme qu’un tampon, permettrait de détendre les muscles à l’intérieur du corps et ainsi soulager les crampes qui reviennent chaque mois.
Ce suppositoire miracle vient d’arriver dans les boutiques de Los Angeles. Il suffit de l’insérer dans le vagin comme un tampon. Ainsi, ses utilisatrices ne ressentent pas les effets psychoactifs du cannabis. En gros, votre système reproductif sera stone mais pas vous ! C’est parfait, non ?

L’entreprise, qui n’en est pas à sa première innovation impliquant du cannabis, a expliqué : “Foria Relief est le premier suppositoire vaginal conçu spécifiquement pour soulager l’inconfort.
Jusqu’à aujourd’hui, les femmes avaient peu d’options pour gérer leurs douleurs menstruelles, c’est principalement les analgésiques comme l’ibuprofène ou les infusions. Les seuls suppositoires vaginaux qui existent déjà sont le traitement contre les mycoses vaginales et la contraception.”
Le produit n’a semble-t-il pas encore été approuvé par la FDA (Food and Drug Administration), l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (donc, faites attention). Mais ces capsules pourrait vraiment changer la vie des femmes qui souffrent beaucoup chaque mois, et croyez-moi, c’est infernal.

Le Foria Relief s’insère dans le vagin comme un tampon.

Le Foria Relief s’insère dans le vagin comme un tampon.
Le Foria Relief réussira-t-il à éradiquer les douleurs menstruelles ?

Ces suppositoires à base de cannabis pourraient aussi devenir un remède pour les femmes qui souffrent d’endométriose – une maladie chronique due à la présence de muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine. Comme l’a récemment souligné Lena Dunham, ce problème engendre des douleurs atroces. Si les Foria Relief font leurs preuves, ces capsules pourraient soulager ces femmes et peut-être même les crampes des futures mamans.

Selon Foria, les capsules ne s’en prennent pas à la douleur en tant que telle, mais relaxent les muscles et apaisent même l’anxiété. Elles font effet 15 à 30 minutes après insertion et elles peuvent être utilisées en même temps que les tampons.

Ce n’est pas la première fois que cette entreprise invente un produit à base de cannabis pour vos parties génitales. L’année dernière, elle avait lancé un spray lubrifiant aux vertus aphrodisiaques. Comme avec le suppositoire vaginal, ce spray ne fonctionne que sur la zone où il a été appliqué, le pénis ou le vagin (mais pas au-delà). Voilà de quoi mettre du piment dans votre vie sexuelle.


Alors que les élections américaines approchent à grand pas, la question de la légalisation de la weed marijuana bio ravive les débats outre-Atlantique. Un tel projet serait à l’ordre du jour dans au moins cinq États, dont la Californie.

Comme à leur habitude, les membres de la classe politique – y compris la candidate à la primaire républicaine Carly Fiorina – répandent l’idée que la weed marijuana bio est une drogue « passerelle » dont la consommation inciterait à découvrir d’autres produits stupéfiants. Pourtant, de nombreuses études tendent à montrer que cette théorie est incorrecte – le cannabis bio aiderait les accros à se désintoxiquer des drogues dites « dures ».

Cigarette de cannabis marijuana biologique

Cigarette de cannabis marijuana biologique

Si, à première vue, l’idée de la passerelle n’est pas idiote – après tout, les fumeurs de weed ont 104 fois plus de chances de consommer de la cocaïne que les non-fumeurs – les scientifiques rappellent à l’envi que corrélation ne veut pas dire causalité. Par exemple, le nombre de personnes tuées par des chiens chaque année est corrélé de manière quasi parfaite à la croissance des achats en ligne lors du Black Friday. Sinon, on a également noté que l’augmentation des diagnostics d’autisme est fortement corrélée à celle de la vente de nourriture bio. Il est pourtant peu probable que l’achat massif de galettes de riz ait quelque chose à voir avec la détection d’un trouble comme l’autisme. Au contraire de la causalité, la corrélation peut découler d’un simple hasard.


Planter du chanvre bio partout serait l’action qui contribuerait le plus à ce qu’on subvienne durablement à nos besoins, à ce qu’on retrouve notre liberté et notre équilibre avec la nature.


Planter du chanvre bio partout serait l’action qui contribuerait le plus à ce qu’on subvienne durablement à nos besoins, à ce qu’on retrouve notre liberté et notre équilibre avec la nature.

L’usage récréatif de cette plante n’est que l’un des milliers d’usages du chanvre biologique. Ça serait donc vraiment insensé de seulement légaliser cet usage, qui n’est pas si utile que ça, et qui est malgré tout plus-que-disponbible à la société. Tous ses autres usages (qui permettraient d’éliminer notre dépendance à l’industrie pétrolière et forestière, et offriraient des alternatives naturelles et très avantageuses à l’industrie pharmaceutique, aux textiles, à la nutrition et aux cosmétiques), sont la partie la plus importante de la  »légalisation » (ou plutôt réintégration parce qu’on a pas de besoin de quelconque permission pour cultiver la vie et contrer la mort qu’on veut nous faire subir, qui, sois dit en passant, est aussi légale).

Ça ne prendrait que 6% des terres des États-Unis pour subvenir à 100% de leurs besoins en terme d’énergie (voitures, chauffage, électricité, industries). Et ils utilisent 25% de l’énergie dans le monde.


Une équipe de chercheurs canadiens dirigée par le Dr Mark Ware, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) à Montréal, vient de compléter une étude multicentrique sur l’innocuité du cannabis médical bio chez les patients souffrant de douleur chronique.

Les chercheurs ont découvert que des patients atteints de douleur chronique qui avaient consommé quotidiennement du cannabis bio pendant un an n’avaient pas expérimenté plus d’effets indésirables graves que ceux qui n’en avaient pas pris. L’étude, dont les résultats viennent d’être publiés en ligne dans The Journal of Pain, servira de référence pour les travaux futurs sur les effets secondaires du cannabis bio utilisé à des fins médicales pour gérer la douleur.

« C’est la première étude d’envergure sur l’innocuité à long terme de la consommation de cannabis bio  chez les patients souffrant de douleur chronique, explique l’auteur principal, le Dr Mark Ware, spécialiste de la douleur à l’Hôpital général de Montréal du CUSM et professeur agrégé en médecine de famille et en anesthésie à l’Université McGill. Nous avons découvert que le cannabis médical bio semble avoir un profil d’innocuité avantageux lorsqu’il est utilisé par des patients qui sont considérés comme des consommateurs expérimentés et qui participent à un programme thérapeutique de douleur chronique sur une période d’un an. »

Le cannabis médical thérapeutique

Le cannabis médical thérapeutique

Dans le cadre de l’étude COMPASS (Cannabis for the Management of Pain: Assessment of Safety Study – COMPASS), débutée en 2004, les chercheurs ont suivi 215 patients adultes souffrant de douleur chronique (non associée au cancer) qui prenaient du cannabis médical bio. Cette cohorte de patients a été comparée à un groupe témoin de 216 patients également atteints de douleur chronique qui ne consommaient pas de cannabis bio. L’étude a été réalisée dans sept centres qui possèdent une expertise en gestion de la douleur à travers le Canada (situés à Fredericton, Halifax, London, Montréal, Toronto et Vancouver).

Les consommateurs de cannabis bio avaient accès à du cannabis bio sous forme d’herbe contenant 12,5 % de THC provenant d’un producteur de cannabis bio autorisé. Les patients se procuraient le cannabis tous les mois à la pharmacie de l’hôpital des sites participants, après s’être soumis aux rendez-vous et aux tests nécessaires. Durant leur suivi, en plus de l’information sur les effets indésirables du cannabis bio, les participants ont dû passer des tests de la fonction pulmonaire et cognitive et ont été interrogés sur leur niveau de douleur, leur humeur et leur qualité de vie. Plusieurs participants se sont également soumis à une série complète d’analyses sanguines, incluant la biochimie de routine, la fonction hépatique et rénale et le taux de certaines hormones. Les patients ont consommé en moyenne 2,5 grammes de cannabis bio par jour sous la forme d’administration souhaitée (fumée, vaporisée ou ingérée) au cours de l’étude.

« Nos données révèlent que les consommateurs quotidiens de cannabis bio ne couraient pas plus de risque de subir d’effets indésirables graves que les non-utilisateurs (groupe témoin), explique la Dre Aline Boulanger, professeure clinique au Département d’anesthésiologie de l’Université de Montréal et l’une des co-auteurs de l’étude et directrice du Centre d’expertise de la douleur chronique au Centre Hospitalier de l’Université de Montréal. Nous n’avons trouvé aucune preuve d’effets indésirables sur les fonctions cognitives et pulmonaires ou dans les analyses sanguines des consommateurs de cannabis bio. À l’inverse, nous avons remarqué que les consommateurs de cannabis bio toléraient nettement mieux la douleur, présentaient moins de détresse à l’égard des symptômes et disaient avoir une meilleure humeur et une meilleure qualité de vie par rapport au groupe témoin. »

Cependant, les chercheurs ont remarqué une augmentation du risque d’effets indésirables sans gravité chez les consommateurs de cannabis bio médical, tels que des maux de tête, des nausées, des étourdissements, la somnolence et des problèmes respiratoires associés au tabagisme.

« Il est important de tenir compte des limites de l’étude, ajoute le Dr Ware. Les patients ont été recrutés sur une base volontaire, ils n’étaient pas sélectionnés au hasard et pour la plupart, ils consommaient déjà du cannabis bio à des fins médicales. Il semble donc que cette option thérapeutique soit relativement sécuritaire lorsqu’elle est utilisée par des personnes qui considèrent que ça les aide. Toutefois, nous ne pouvons pas tirer de conclusions hâtives quant à l’innocuité du cannabis bio chez les nouveaux utilisateurs. »


L’ouverture des premiers marchés légaux de cannabis récréatif aux Etats-Unis met en relief l’échec des politiques de criminalisation qui frappent les usagers de ce produit dans de nombreux pays.

La faiblesse des résultats du régime prohibitionniste est particulièrement remarquable en France où, malgré un cadre législatif très répressif, la consommation de cannabis bio se révèle plus importante que dans les Etats européens ayant opté pour sa dépénalisation. Prenant acte des données épidémiologiques nationales et des évolutions juridiques internationales les plus récentes, cette leçon expose les raisons socio-historiques qui rendent inéluctable la légalisation du cannabis.


A Expogrow, le cannabis bio tient salon et attire les consommateurs français

A Irun, ville frontalière du Pays basque espagnol, des vapeurs de marijuana s’échappent des allées de la foire Expogrow: vendeurs de graines de chanvre, d’équipements pour cultiver sous serre, d’engrais et d’accessoires dédiés aux fumeurs de cannabis bio, attirent la curiosité de 20.000 visiteurs, surtout Français.
« Ce n’est pas un hasard si ce salon est organisé à la frontière. Je voulais faire parler de la réalité de la France, mais en Espagne », où la consommation et la culture sont autorisées dans un cadre privé, indique à l’AFP Thomas Duchêne, directeur français d’Expogrow, fondé il y a quatre ans.
Cette foire professionnelle, ouverte au public, durant laquelle se tient un Forum social international avec des experts, se défend de faire « l’apologie du cannabis ». Ses organisateurs souhaitent « mettre sur la table la réalité du nombre de fumeurs en France », en abordant les thèmes de la prévention des risques, des différentes politiques publiques dans le monde ou de l’usage médicinal de la plante dont les différents principes actifs ne sont pas uniquement psychotropes.
Si la détention et la consommation de cannabis bio sont pénalement réprimées dans l’Hexagone, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a établi à 17 millions le nombre de Français âgés de 11 à 75 ans qui l’ont déjà expérimenté. Et à cinq millions ceux qui en ont consommé en 2014, un tiers d’entre eux se déclarant consommateurs réguliers.
Malgré cette réalité, qui place le pays parmi les champions de la consommation en Europe, cette foire ne pourrait exister en France. En cause, selon Thomas Duchêne, « des tabous », des entraves à l’information sur le cannabis bio et l’interdiction de la vente de graines de marijuana pour laquelle « il existe pourtant une sorte de vide juridique ». D’après plusieurs vendeurs de graines présents, des magasins commenceraient toutefois à apparaître sous couvert de vente à des « collectionneurs », ce qui ne tomberait pas sous le coup de la loi.

Expogrow le salon du cannabis

Expogrow le salon du cannabis

Mais les 50 à 100.000 auto-producteurs estimés sur le territoire national, qui achètent leurs lampes et engrais en toute légalité dans les quelque 300 « growshops », savent qu’internet et une adresse postale suffisent pour recevoir des graines de sociétés basées dans les trois plus gros pays producteurs: États-Unis, Pays-Bas et Espagne.
Alain, consommateur français venu de Roanne (Loire), déclare à l’AFP, sans ambages: « C’est tout simplement une politique hypocrite. Ils ont fait un rapport il y a peu, où ils se sont aperçus que s’ils légalisaient ça leur rapporterait au minimum quatre milliards d’euros par an, c’est pas mal quand même, et ils ont déjà calculé le prix de vente: 8,40 euros! Donc dans mon pays, dans deux ans c’est légal j’en suis sûr, je le parie »!
– Activistes contre prohibitionnisme –
Parmi les activistes pro-cannabis, l’association Chanvre et libertés entend « être une voix qui réunit les savoirs des experts et profanes » pour travailler « à la réforme des politiques prohibitionnistes », notamment en soutenant l’idée, déjà concrétisée en Espagne, de « Cannabis social clubs », des groupes associatifs de 20 personnes maximum qui se déclareraient en préfecture et cultiveraient pour leur consommation personnelle.
Mais leur message entend également « réduire les dommages liés à l’usage du chanvre », notamment en incitant à l’abandon de l’inhalation du cannabis bio dans des cigarettes roulées ou dans des pipes, ce qui renforce l’addiction au tabac. Ils militent pour l’usage de vaporisateurs dans lesquels un système de chauffage génère une vapeur riche en cannabinoïdes et en partie débarrassée des produits toxiques nés de la combustion des plantes.
« Demain, si on a quatre millions de fumeurs qui consomment mieux ça fera autant de cancer, d’infarctus ou d’AVC en moins » et « moins d’addiction », clame le Dr Olivier Bertrand, médecin généraliste spécialisé en addictologie, responsable de la commission santé et prévention de Chanvre et libertés.
Vendus par huit exposants, ces vaporisateurs suscitent l’engouement du public et sont, selon Thomas Duchêne, « la révolution de ces quatre dernières années dans le monde du cannabis ».
« Chaque pays évolue à son rythme, celui de la France est plus lent que celui de ses voisins », juge Thomas Duchêne soulignant « qu’il y a des consommateurs dans toutes les classes et catégories sociales ».